Rallumer les étoiles
Exposition à venir
Le Centre des monuments nationaux invite l’artiste Sara Ouhaddou pour une exposition carte blanche dans le cadre de la Saison Méditerranée 2026
-
-
Sans supplément du droit d’entrée
-
Tout public
PRÉSENTATION
Du 19 juin au 1er novembre 2026, le Centre des monuments nationaux invite l’artiste Sara Ouhaddou à investir les tours et remparts d’Aigues-Mortes dans le cadre du programme Un artiste, un monument et de la Saison Méditerranée 2026.
À travers une série de créations en verre, guirlandes, vitraux et animaux-amulettes, l’artiste déploie un parcours sensible dans trois tours du monument et à la Porte des Moulins. Nourrie par le dialogue, la transmission et le travail collaboratif, son œuvre entre en résonance avec l’histoire du site, notamment celle des femmes qui y furent emprisonnées.
Cette exposition propose une réflexion sur les différentes formes d’enfermement, physiques, sociaux ou intimes, dont les échos traversent encore nos sociétés contemporaines. Face à ces contraintes, Sara Ouhaddou met en lumière les gestes simples et répétés du quotidien, porteurs de mémoire, de soin et de transmission.
Plutôt qu’un récit figé, l’artiste compose une expérience poétique et fragile autour de ce qui se transmet d’une génération à l’autre. Son travail interroge la manière dont ces savoirs, ces gestes et ces liens persistent dans le temps, tout en restant menacés de disparition.
L'ARTISTE, SARA OUHADDOU
Artiste française d’origine marocaine, Sara Ouhaddou développe une pratique fondée sur la collaboration, le dialogue et la transmission.
À la croisée de l’art et de l’artisanat, son œuvre pluridisciplinaire revisite des savoir-faire traditionnels, gestes, formes, matériaux, couleurs, selon des protocoles de création axés sur l’écoute, l’échange et la réciprocité.
Depuis plus de dix ans, elle collabore avec des artisans au Maroc, en France, en Italie, au Japon, aux États-Unis, en Tunisie et, plus récemment, en Ouzbékistan. Chaque projet naît d’une rencontre, territoire, mémoire, objet ou récit et s’élabore dans un processus évolutif que l’artiste conçoit comme un acte collectif.
L'EXPOSITION
Pensé comme une traversée poétique des tours et remparts d’Aigues-Mortes, le parcours imaginé par Sara Ouhaddou explore les notions de transmission, de mémoire et de disparition. À travers des œuvres en verre, guirlandes, vitraux et animaux-amulettes, l’artiste utilise l’image des étoiles comme métaphore des gestes transmis de génération en génération : leur naissance, leur éclat, leur effacement et les traces qu’ils laissent derrière eux.
Tour de Constance
Là où naissent les étoiles, reste-t-il une trace ?
Traversant la tour de Constance, une grande guirlande de verre de près de trente mètres évoque la naissance des étoiles et celle des gestes invisibles du quotidien, souvent portés par les femmes.
Les mains fertiles - #2
Dans l’ancien four à pain de la tour de Constance se déploie une famille d’animaux en verre, issus de gestes féminins liées à la protection des enfants.
La vitrine de derb Dabachi
Une oeuvre qui propose une réflexion sur les dispositifs de présentation des produits destinés à la vente : l'artiste interroge les manièrs dont l'artisanat se met en scène face à l'essor du tourisme.
Ces gestes très anciens portent en eux une fonction essentielle : protéger, aimer, prendre soin. À travers ces figures familières se transmettent des attentions, des croyances et des formes de savoir profondément ancrées dans les territoires
Tour des Bourguignons
Là où disparaissent les étoiles, reste-t-il une trace ?
Cette installation réunit guirlandes, animaux-amulettes et éléments de scénographie dans une réflexion sur la disparition et la mémoire. Comme une étoile filante dont la lumière subsiste après son passage, les objets exposés évoquent les gestes de soin et d’attention qui demeurent, même lorsque les formes matérielles s’effacent.
Une apparition brève, presque magique, à laquelle on associe un vœu. Enfants, nous attendons ces instants fugitifs, comme si leur disparition pouvait exaucer un désir. Cette disparition fait écho à ce que laisse un geste.
Porte des Moulins
Là où apparaissent les étoiles, que révèle leur lumière ?
Dans les salles de la Porte des Moulins, une guirlande suspendue et deux vitraux activés par la lumière du jour interrogent ce qui se transmet au-delà du geste lui-même : la présence, le récit, les croyances et les savoirs invisibles qui l’accompagnent. L’artiste y convoque également l’univers du conte et de la transmission orale.
« Il y a l’étoile elle-même, et puis il y a sa lumière.
Son éclat, sa diffusion — ce qui nous parvient réellement.
Tour de la Mèche
Là où persistent les étoiles, que reste-t-il de leur lumière ?
Autour d’une nouvelle guirlande et d’un ours-amulette en verre, Sara Ouhaddou s’intéresse aux étoiles qui continuent d’exister mais deviennent invisibles. À travers cette métaphore, elle évoque les gestes, objets et récits — souvent liés aux femmes — qui ont longtemps structuré les vies quotidiennes mais tendent aujourd’hui à disparaître de nos horizons.
L’œuvre Les mille et une nuits, un vitrail inspiré de la figure de Shéhérazade, prolonge cette réflexion autour du récit comme geste de résistance et de transmission. Comme les étoiles ou les traditions oubliées, les histoires persistent, se transforment et continuent de laisser une trace à travers le temps.
Les mille et une nuits
L'artiste interroge la place du récit comme forme de transmission à la fois fragile et essentielle, à l'image des étoiles que l'on ne voit plus ou des gestes que l'on oublie. Comme elles, les histoires persistent : elles circulent, se transforment, même lorsqu'elles deviennent invisibles.
Par la parole, Shéhérazade suspend le temps, repousse l'inévitable et crée un espace où la vie peut continuer à exister
LA SAISON MEDITERRANÉE
La Saison Méditerranée 2026 met en valeur la richesse et la diversité des cultures méditerranéennes. Elle célèbre les artistes, les créateurs et les créatrices et les jeunes talents de ces régions, en valorisant les échanges culturels et humains.
Elle rayonne sur les rives de la Méditerranée à travers l’organisation de plusieurs événements en lien avec les scènes artistiques, les structures culturelles de la région et le réseau diplomatique français à l’étranger.
Cette Saison est l’occasion de valoriser les initiatives des jeunesses et des diasporas, accompagner la création et l’innovation par la circulation des idées et des personnes et encourager les coopérations entre les sociétés civiles, en particulier avec le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, l’Égypte et le Liban.
Portée par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et le ministère de la Culture en lien avec la Délégation interministérielle à la Méditerranée, la Saison Méditerranée 2026 est mise en œuvre par l’Institut français sous le commissariat général de Julie Kretzschmar.
©Gil Guilio / Centre des Monuments Nationaux
©Sara Ouhaddou, Adagp - crédit photo : Marc Domage